17h, je me réveille comateux dans une vilaine chambre.
Des klaxons, des sifflets étranges, ah oui, je suis a La Paz; en fond, Julien Leperse distille ses question sur TV5. Ou la la, j ai la tête a l envers! Ha oui les choses me reviennent… quelle sieste; il faut dire que ce matin, le réveil a sonne a 00h00 et que je me suis enfile pres de 900m de dénivelé positif. J ai gravi le Huayna Potosi, 6088m. Je crois que c est mon 13eme sommet, et sans doute le plus haut.

L aventure commence hier, a 7h00 je suis sur le pied de guerre; je boucle mes sacs et nous allons prendre le petit déjeuner au Café Luna. A 8h30 pétantes, me voila dans le bureau de l agence qui organise l excursion. Je fais la connaissance de Porfi, mon guide. L’américain qui devait partager ma cordée a finalement annulé et je me retrouve avec un guide rien que pour moi, pour la modique somme de 120 USD la sortie de 2 jours, tout compris ( repas, encadrement matériel technique et vêtements de montagne).

Un taxi nous dépose au camp de base; Nous remontons les rues de La Paz pour rejoindre l Alto. L Alto, ce sont les faubourgs de La Paz. Il faut s imaginer La Paz comme tapissant une cuvette et débordant sur tout son pourtour. Gigantesque, improbable. Les rues les plus pentues de San Francisco ne doivent pas l’être autant que celles de La Paz.

Hayana Potosi - 6088m

La route qui y mène au camp de base dessert une mine qui n est presque plus exploitée -antimoine- une station de veille sismique et un barrage hydroélectrique. En fait de route, comme la majorité du réseau routier bolivien, il s’agit d’un chemin de terre plein de nids de poules et d’ornieres.

Avant de s engager dans le sentier vers le refuge ( Campo Alto) je profite des commodites (les Whoua whoua ;-) ) qui sont équipes d un siege, mais pas d eau courante. Pour tirer la chasse, il faut puiser devant la porte dans le ruisseau.

(EDIT)Comme dans de nombreuses courses, la marche d’approche jusqu’au refuge suit la moraine du glacier; La moraine marque les bords du lit d’un glacier; elle est caractérisée par un amas de rochers trainés et accumulés par le glacier. On dirait un peu comme une dune sauf que la forme de sa coupe caractéristique et plus pointue. Souvent on trouve le long de cette crête un sentier qui permettait de remonter le glacier en sécurité, sans passer au milieu des séracs et des crevasses. Maintenant, avec le réchauffement climatique les glaciers qui ont généré les moraines tendent à  remonter en altitude; J’avais observé ce phénomène en l’espace de 6 ans au Glacier Blanc dans le Massif des Ecrins (Alpes) c’est aussi le cas au Huayna Potosi. Le guide me dit même que les géologue prévoient une disparition totale des glaciers d’ici 50 ans; ce qui est une catastrophe pour La Paz dont l’approvisionnement en eau et en électricité en dépend.(/EDIT)

A midi nous atteignons le refuge. Il est en fonction depuis a peine 1 an et demi. Dispose de l’electricite grâce a un panneau solaire. Électricité qui est distribuée dans la petite pièce a vivre par des câbles de sonorisation Hifi; ce n’est pas la première fois que je vois ça en Bolivie. Nous sommes les derniers arrivés, sur place il y-a Alex -israélien, c’est dingue le nombre d’israélien qu’on croise en Bolivie, on trouve même couramment les menus traduits et hébreux-, Marc -Yankee-, couple d’australiens et votre serviteur cuisse de grenouille. Chacun est accompagne d’un guide. Le diner est servi a 17h. J’espérai échanger quelques chants montagnards français contre leurs équivalents locaux, mais finalement je suis le seul à chanter et à jouer de l’harmonica. Et tous ont eu la politesse de faire au moins semblant d’aimer ;-) a 19h extinction des feux.

La nuit est courte est agitée. Le réveil difficile mais rappelant de bon souvenirs d A&T. La météo est excellente, pas un nuage sur notre zone et pourtant il ne fait pas très froid; de toute façon je n’ai jamais été autant équipé. Les cordées quittent le refuge a 1h du matin. Le lune, au 3/4 pleine, nous permet de progresser sans nos lampes frontales. Le rythme est tranquile et pour limiter les effets de l altitude, je chique quelques feuilles de coca. Techniquement parlant, la voie normale ne présente que 2 légères difficultés. La “pala pequeña” et la “pala grande”, qui sont 2 passages de forte inclinaison et de longueur respective 40 et 200m. Le manque d oxygène se fait ressentir. De l’autre cote de la cordillere Real, cote tropical de nombreux nuages moutonnent et de temps à autre un éclair vient illuminer notre versant. Le spectacle est magique, le son du tonnerre ne nous parvient pas; on entent que le bruit de la neige qui craque doucement sous nos pas.

Nous arrivons au sommet pour le lever du soleil. Il ne fait pas si froid que ça, mais la batterie de l’appareil photo n’apprecie pas trop. On voit au loin la ville de La Paz.

Au camp de base, le taxi nous attendait, il nous a offert un verre de Coca, dont nous avons soigneusement renverse une part par terre en offrande a la Pachamama et au Huayna Potosi, puis je me suis avachi sur la banquette arrière et dans un moment d inconscience j ai cherche la ceinture de sécurité; c’est vous dire si j’étais déjà dans un état second.

Je me connecte de nouveau - mon sevrage Internet se passe tant bien que mail, mais l’etat des becannes et des connexions en Bolivie a un effet assez dissuasif- et je prends des nouvelles du monde. Il semble que cela chauffe pour les pinguins en Argentine et que les routes, tout du moins au nord soient bloquees, plus de viande, je sens que les argentins vont bientot devoir se rabatre sur le pinguin grille… et il me faut repasser par Buenos Aires prochainement!